Andrés Olarte remporte le Prix Ellsberg pour les lanceurs d’alerte, en reconnaissance de son courage face aux intimidations
Paris, 9 décembre 2025 – Andrés Olarte, qui a révélé des crimes environnementaux massifs et des violations des droits humains commis par Ecopetrol, compagnie pétrolière publique colombienne, est désigné lauréat du Prix Ellsberg pour les lanceurs d’alerte 2026. Il s’agit d’une reconnaissance importante du courage exceptionnel d’Olarte pour avoir exposé ces violations des droits humains et ces destructions environnementales, a déclaré aujourd’hui Climate Whistleblowers (CW).
Ses révélations, connues sous le nom des Iguana Papers, constituent une base de données massive de plus de 300 000 cas de non-conformité et de crimes environnementaux et contre les droits humains commis par Ecopetrol en Colombie. Parmi eux figurent la dissimulation délibérée de contaminations de l’eau, des brûlages illégaux systématiques, une surveillance ciblée et des représailles contre des leaders socio-environnementaux, ainsi qu’une collaboration avec les forces de sécurité nationales et une convergence d’intérêts avec des groupes paramilitaires. Ecopetrol nie toute irrégularité.
À la suite de ces révélations, Olarte a non seulement subi des représailles professionnelles, mais aussi des tentatives de réduction au silence et d’intimidation. Il a reçu des lettres anonymes à son domicile, dont l’une indiquait : « Olarte, ne va pas te faire tuer. Andi, si tu parles, tu sais ce qui va t’arriver. » Des appels téléphoniques avertissaient que sa famille pourrait être la prochaine cible. Face à un harcèlement incessant, Andrés a fui vers Berlin, où il vit désormais en exil. Il a déposé une plainte prud’homale pour harcèlement en Colombie contre Ecopetrol.
« Ce qui m’est arrivé arrive aussi à des militants, des leaders sociaux, et à des citoyens ordinaires qui font quelque chose de profondément humain : protéger leur foyer, leur eau, leur terre », a déclaré Olarte. « Ce que je veux, c’est un véritable changement face aux crimes environnementaux systématiques et à la violence contre les défenseurs de l’environnement. Ecopetrol et l’industrie des hydrocarbures doivent profondément reconsidérer leur façon d’opérer en Colombie. »
Aujourd’hui, Olarte continue de se battre pour la justice, avec CW à ses côtés. Il attend la tenue de la deuxième audience de son affaire de harcèlement au travail contre Ecopetrol. Il a également déposé plusieurs plaintes, notamment auprès des autorités colombiennes pour des manquements environnementaux, et auprès de la Securities and Exchange Commission américaine pour avoir induit les investisseurs en erreur en dissimulant des informations.
Le cas d’Olarte survient alors que la Colombie est confrontée à une crise de violences contre les défenseurs de l’environnement. Le pays est au premier rang mondial pour les meurtres de défenseurs des terres et de l’environnement, dans un contexte d’impunité systématique pour les auteurs de ces actes. Ses recours juridiques peuvent constituer une étape décisive pour obliger les entreprises extractives à rendre des comptes.
« Andrés Olarte est un exemple d’intégrité et de courage, et n’aurait jamais dû payer un tel prix pour avoir fait ce qui est juste », a déclaré Gabriel Bourdon-Fattal, directeur de Climate Whistleblowers. « Les autorités colombiennes doivent prendre des mesures immédiates pour protéger les lanceurs d’alerte environnementaux comme Andrés et soutenir son combat pour la justice. »
FIN.
À propos de Climate Whistleblowers :
Climate Whistleblowers est une ONG dédiée à la protection des individus qui dénoncent des abus aggravant la crise climatique et à garantir que leurs révélations aient un impact significatif. Un seul acte de lancement d’alerte peut tout changer. Grâce à un accompagnement individualisé, nous croyons qu’une nouvelle génération de lanceurs d’alerte climatiques peut catalyser le changement dont le monde a urgemment besoin.
Pour plus d’informations ou pour organiser des interviews, veuillez contacter :
Maria Garriga Zamora, Chargée de projet, +33 6 56 67 04 72, info@climatewhistleblowers.org