Le géant minier au cœur d’une enquête pour des graves atteintes à l’environnement
(Rennes, le 10 septembre 2026) – Aujourd’hui, deux lanceurs d’alerte soutenus par Climate Whistleblowers témoignent publiquement pour la première fois des pratiques dangereuses qui auraient été menées par Imerys dans le Centre Bretagne. La multinationale minière est accusée d’exposer ses salariés à de fortes concentrations de poussières toxiques et cancérigènes, selon une enquête du média d’investigation SPLANN !. Celle-ci dévoile des documents et vidéos inédits du site d’extraction d’andalousite, un minéral utilisé dans de nombreuses activités industrielles liées aux hautes températures.
Les deux lanceurs d’alerte, qui ont respectivement travaillé 4 mois et plusieurs décennies au sein de la carrière de Glomel, souffrent de pathologies respiratoires sévères. Des documents médicaux établissent un lien entre ces maladies et l’exposition aux poussières d’andalousite. SPLANN ! révèle qu’Imerys a exposé pendant des années ses salariés et intérimaires de Glomel à des poussières de silice cancérogènes, avec des protections défaillantes, des valeurs réglementaires dépassées et un suivi médical inadapté. La mine, localisée dans la commune rurale de Glomel (1.440 habitants) fournit près de 25% de la production mondiale du minéral.
À 44 ans, le lanceur d’alerte Cédric Gouagout, qui a travaillé sur la carrière seulement 4 mois, est aujourd’hui dans l’incapacité d’exercer une activité professionnelle en raison de séquelles graves et irréversibles. Cédric est engagé depuis plusieurs années dans des procédures juridiques pour faire reconnaître le caractère professionnel de sa maladie et obtenir des réparations.
« Ce que je ressens, c’est l’enfer physique. J’ai du mal à parler. J’ai du mal à marcher. » a dit Cédric Gouagout à CW. « J’étais toujours en bonne forme et en bonne santé. J’étais joyeux, j’allais partout, je portais mes enfants, je portais ma femme. Tout ça, c’est fini. »
Lisez son histoire ou regardez son témoignage :
Interrogé par Climate Whistleblowers, Imerys a fait savoir que « la santé et la sécurité de nos collaborateurs et travailleurs temporaires, ainsi que la protection de l’environnement, sont des priorités» et que « le suivi du risque poussières fait l’objet de mesures régulières et s’accompagne, lorsque cela est nécessaire, d’une adaptation des dispositifs de prévention et des protections individuelles.» Le groupe s’est en revanche refusé à commenter une situation individuelle.
« Il est impensable qu’en 2026, des travailleurs soient exposés quotidiennement à des poussières cancérigènes alors que les risques sont identifiés. » a affirmé Henri Thulliez, directeur de stratégie de CW. « Nous sommes fiers de soutenir ces lanceurs d’alerte qui agissent à un prix personnel, pour protéger à la fois leurs anciens collègues et l’environnement. »
Une précédente enquête de SPLANN ! avait déjà mis en lumière les négligences environnementales de la part d’Imerys, ainsi que des manquements graves à la protection de la santé et à la sécurité des travailleurs. Selon l’un des lanceurs d’alerte, l’entreprise déverse des produits chimiques susceptibles de polluer les captages d’eau potable en aval, ce qui a été signalé aux autorités. Le média avait notamment révélé le déversement illégal de 3.000 litres de produits chimiques avant de mener des analyses indépendantes sur les sédiments du Crazius, un ruisseau qui longe la mine. Ces analyses ont mis en évidence la présence de concentrations importantes de plusieurs métaux toxiques, nuisibles pour l’environnement et pour la santé publique des riverains.
En mars 2026, une enquête judiciaire a été ouverte par le parquet de Saint Brieuc pour atteintes à l’environnement. Depuis de longues années, les actions se multiplient pour obliger Imerys à respecter la loi. Pas plus tard que cet été, deux arrêtés préfectoraux ont été signés à quinze jours d’intervalle, imposant à Imerys de revoir sa gestion des eaux minières, et d’analyser les causes et impacts d’un rejet d’eau acide irrégulier.
Ces révélations interviennent alors qu’un autre projet minier de lithium d’Imerys en Auvergne est présenté par le gouvernement comme d’importance stratégique pour la souveraineté française.
« Il s’agit d’un comportement grave et irresponsable de la part d’Imerys. CW appelle les autorités à prendre au sérieux cette nouvelle alerte et à protéger ceux qui osent dénoncer leurs pratiques illégales. » a déclaré Gabriel Bourdon-Fattal, directeur exécutif de CW.
À propos des lanceurs d’alerte en matière de climat :
Climate Whistleblowers est une ONG qui se consacre à la protection des personnes dénonçant les agissements qui aggravent la crise climatique et à garantir l’impact de leurs révélations. Un seul signalement peut faire toute la différence. Grâce à un accompagnement personnalisé, nous sommes convaincus qu’une nouvelle génération de lanceurs d’alerte pour le climat peut impulser le changement dont le monde a désespérément besoin.
Pour plus d’informations ou pour organiser des interviews, contactez :
- Maria Garriga Zamora, Chargée de projet : +33 7 52 02 46 97
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